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Légende du
XIVème siècle (1)
suivez le guide ...
Dans la salle d'armes du
vieux manoir, ornée de trophées, de couteaux de chasse
et d'oriflammes, Alibert, seigneur de Favars, assis sous
un dais brodé de soie songe profondément. Alibert est
un homme dans toute la force de l'âge. Il a cinquante
ans, sa robuste stature, l'énergie de ses traits
indiquent un terrible guerrier. Mais pourquoi paraît-il
si soucieux ? Pourquoi son front est-il voilé de
tristesse ?
Il vient d'apprendre, par des manants, que la peste
continue à ravager ses terres. Aux horreurs de la guerre
s'ajoute ce mal plus redoutable encore. La colère de
Dieu s'acharnerait-elle sur lui et sur ses domaines ? Ses
efforts pour l'apaiser auraient-ils été vains ?
A Tulle, un religieux du
monastère de Saint Martin avait eu la révélation que
pour éloigner la peste dévastatrice de la province, il
fallait porter en procession, en aube et nu-pieds,
l'image de saint Jean. Le seigneur de Favars et ses
vilains étaient arrivés des premiers pour faire
pieusement le tour de la Lunade. Et Alibert se
remémorait ce grand jour. Vers six heures du soir, tout
un peuple se pressait en l'église cathédrale pour
prendre la sainte image et l'accompagner à travers bois
sur les collines dominant la ville. En avant de la
procession marchaient cinquante à soixante enfants
enrubannés et habillés de blanc tenant en main des lys
et chantant l'hymne: Ut queant laxis.
Au-dessus de cette troupe blanche se balançait la grande
croix. Puis venait la dévote image de saint Jean portée
par deux hommes à jeun. Derrière se pressait la foule
des fidèles, allant pieds-nus et tenant des chandelles
allumées. Alibert et ses vilains, par dévotion
particulière, avaient attaché un écusson du grand
saint sur leurs épaules. Au départ et au retour, le
grand carillon avait sonné, en même temps que
flambaient des feux de joie sur la place de l'Aubarède.
Et cependant la peste qui
avait cessé à Tulle continuait à ravager les terres du
seigneur de Favars. Le mal grandissait de jour en jour et
les hommes périssaient comme des troupeaux : ceux qui
par crainte voulaient se séquestrer, mourraient dans
l'abandon et plusieurs menses s'étaient ainsi
dépeuplées; les plus courageux, qui ne craignaient pas
d'approcher les malades, étaient eux-mêmes atteints.
Tout le monde allait maintenant se réfugier vers le
château et y porter la contagion. Alibert comprenait
qu'il ne pourrait échapper à cette horrible maladie et
ne tarderait pas à quitter la douce lumière. Et alors
il se prit à regretter la vie, les joyeux festins
égayés par les ballades des troubadours et les grimaces
des bouffons, les chevauchées à travers le Limousin, de
château en château en compagnie de sa gente Aygline,
dont la jolie taille et la fière allure faisaient
l'admiration de tout le pays.....suite

Le
gîte de la fontaine miraculeuse -
Une petite
visite des lieux -
Promenades autour du gîte
- La page des chevaux fjords - La
famille Lambert
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